L'histoire de 3 Fonteinen
L’avenir naît du passé.
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L’histoire de la Brouwerij 3 Fonteinen n’a rien d’une ligne droite — on peut même dire qu’elle aura été plus sinueuse que la Senne. Si l’avenir de la brasserie a été remis en jeu à maintes reprises, c’est grâce à de fins esprits aux caractères bien trempés que ces traditions ont pu perdurer pour arriver jusqu’à nous.
La Hoogestraat dans le centre du village de Beersel, à la fin des années 1800.1864 - 1953 | Dans les brumes de l’histoire.
Pour de nombreux brasseurs de lambics et assembleurs de gueuzes, les débuts de leur propre histoire restent entourés d’une part de mystère. La Brouwerij 3 Fonteinen ne fait pas exception à la règle. Les premières traces de sa fondation remontent à 1864, lorsque Jacobus Vanderlinden et sa femme Joanna Brillens ouvrent une auberge à Beersel, commune du Brabant Flamand, à l’adresse actuelle 13, Hoogstraat.
Gaston Debelder tire un lambic d'un fût en bois.1953 - 1982 | La popularité grandissante de ‘De 3 Fonteinen’.
Nous sommes en 1953. Après quelques hésitations, Gaston Debelder et son épouse Raymonde Dedoncker font le grand saut: la ferme étant devenue trop petite pour contenir toute leur famille, ils troquent leur métier d’agriculteurs à Herfelingen pour une nouvelle vie à Beersel. C’est donc eux qui reprennent l’auberge et la gueuzerie de Tisjke Potter. Comme le nom 'In de 3 Fonteinen' était déjà accroché sur la façade, ils décident simplement de l’y laisser.
Armand & Gaston, immortalisés sur une foudre en bois, un cadeau d'anniversaire pour Armand en 2019.1982 - 1997 | Armand prend la tête de l’entreprise.
Après des années de prospérité, Gaston et Raymonde lèguent l’affaire à leurs deux fils. Armand, derrière les fourneaux depuis son adolescence, s’occupe de la cuisine et de la gueuzerie. Il devient chef de cuisine en 1974. Âgé de 24 ans, il enrichit la carte de plats régionaux à base de lambic, de faro et de gueuze, sa véritable passion ayant toujours été la bière, loin devant la cuisine. Le jeune homme a hérité du nez, des connaissances et de l’expérience de son père.
Les premiers fûts avec du lambics brassé par 3 Fonteinen.1997 - 2009 | Armand Debelder poursuit obstinément ses activités de brasseur et d’assembleur.
Il n’est certes pas facile de croire en l’avenir du lambic lorsque votre propre père, témoin du déclin rapide de la consommation de gueuze, vous déclare ouvertement que vous êtes fou. “Guis, da es allien nog voe d’aa peikes”, tels sont les mots exacts qu’Armand entend sortir de la bouche de son père. Autrement dit, ”personne ne s’intéresse à la gueuze, sauf les vieux schnocks”. Heureusement, Armand n’a pas seulement hérité du nez de son paternel — père et fils partagent la même obstination. Il se lance résolument dans le lambic et la gueuze, et commence à brasser lui-même dès 1998.
L'accumulation de chaleur dans la chambre chaude, dû à un thermostat défectueux, a provoqué l'explosion de nombreuses bouteilles.2009 - 2016 | La catastrophe du thermostat, puis la reprise.
Le samedi 16 mai 2009 au matin, Armand ouvre la porte de l’entrepôt de Halle. Une vague de chaleur le fait littéralement reculer. Craignant le pire, il entre en trombe dans la chambre chaude. Cet espace, rempli de bouteilles en fermentation et en maturation, est normalement maintenu à une température constante de 18 °C, contrôlée par un thermostat. À la suite d’un dysfonctionnement, la température a grimpé jusqu’à 60 °C. À ce moment-là, 13.000 bouteilles ont déjà explosé sous l’effet de la pression, et Armand peut encore entendre les bouteilles éclater les unes après les autres. La pièce est devenue une véritable zone de guerre.
Le lambik-O-droom à Lot, un lieu pour tous les amateurs de lambic.2016 - ... | De nouveaux chapitres. Et une page qui se tourne.
Six mille mètres carrés. C’est l’espace qui est soudainement à leur disposition. Lorsqu’ils traversent pour la première fois les grandes salles de l’ancien entrepôt, Armand, Mich et Werner ont du mal à en croire leurs yeux. Ils se rendent bien compte qu’un tel espace signifie aussi qu’ils pourront enfin prendre leur temps. Tout le processus de brassage des 3 Fonteinen repose sur la lenteur et la patience: pour le lambic vieilli en fût, pour la macération des fruits, pour la gueuze fermentée en bouteille. Maintenant, il y a enfin assez de place pour privilégier cette lenteur. Ou, comme l’a dit Armand, ”Geft ne lambikbrààver of ne guizestèker plosj, en ze legge voete” (”Donnez de l’espace à un brasseur de lambic ou à un assembleur de gueuze, et les fûts vont rouler”)