1982 - 1997

Armand prend la tête de l’entreprise.

A black-and-white photo of Gaston Debelder crouching next to a wooden barrel, filling a jug with lambic.

Après des années de prospérité, Gaston et Raymonde lèguent l’affaire à leurs deux fils. Armand, derrière les fourneaux depuis son adolescence, s’occupe de la cuisine et de la gueuzerie. Il devient chef de cuisine en 1974. Âgé de 24 ans, il enrichit la carte de plats régionaux à base de lambic, de faro et de gueuze, sa véritable passion ayant toujours été la bière, loin devant la cuisine. Le jeune homme a hérité du nez, des connaissances et de l’expérience de son père.

A close-up of the "Gouden Hamer" trophy awarded to 3 Fonteinen by De Objectieve Bierproevers in 1993, resting on a wooden surface.Armand & Gaston, immortalisés sur une foudre en bois, un cadeau d'anniversaire pour Armand en 2019.

Dans les années 1980 et 1990, le restaurant rencontre un énorme succès. Tous ceux qui l’ont fréquenté se souviennent de ces mois d’été où plus de mille kilos de frites s’écoulaient en une semaine et où des casseroles de dix kilos de moules mijotaient en continu sur le feu. Pendant ce temps, la gueuze maison continue de descendre dans les gosiers, sans se douter qu’un sérieux défi se profile à l’horizon: vers 1990, la consommation de gueuze atteint son niveau le plus bas...

Tout le monde se souvient de ces étés où l’on écoulait plus de mille kilos de frites par semaine où dix kilos de moules mijotaient en continu sur le feu.

Cette tendance à la baisse s’inscrit dans un contexte plus large: un profond changement dans les habitudes des consommateurs qui se tournent depuis quelques décennies déjà vers les blondes bon marché, les bières aux fruits très sucrées et le vin. La question d’abandonner l’assemblage de la gueuze est donc fortement envisagée. L’authenticité qu’Armand mettait dans l’exercice de son métier exigeait non seulement beaucoup de temps, mais également d’argent. Il faut savoir que la production de gueuze doit être financée plus de quatre ans à l’avance, y compris l’achat des fûts, sans oublier qu’une fois en bouteille, sa fermentation demande encore pas mal de patience.

A close-up of the "Gouden Hamer" trophy awarded to 3 Fonteinen by De Objectieve Bierproevers in 1993, resting on a wooden surface.Le trophée des Objectieve Bierproevers de 1993.

En 1993, les Objectieve Bierproevers (ou 'testeurs objectifs de bière') décernent leur trophée annuel afin de récompenser toute personne méritante dans l’univers de la brasserie belge. Les grands gagnants sont les coupeurs de gueuze authentique restants, à savoir 3 Fonteinen, Hanssens et Moriau. C’est cette reconnaissance qui conforte Armand dans sa conviction: le lambic et la gueuze ont encore un avenir. “Lambik, dat is bé van hé.” : le lambic, c’est la bière d’ici. Et c’est la nôtre. La bière lambic est intimement liée à notre terroir, et il est hors de question qu’un tel patrimoine local disparaisse

Retour à l'histoire complète